FIPU : 897 salariés exposés ont vu leur reconversion financée en 2025, selon Transitions Pro
Sommaire
Le 9 juillet 2026, le réseau Transitions Pro a publié le premier bilan annuel du volet reconversion du fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU) : en 2025, 897 salariés exposés au port de charges, aux postures pénibles ou aux vibrations ont vu leur changement de métier financé, pour 25,3 millions d’euros. Moins des deux tiers de l’enveloppe de 40 millions ont été engagés, alors que la moitié des Transitions Pro ont refusé des dossiers éligibles faute de crédits en fin d’année. Pour 2026, les 40 millions sont reconduits et répartis entre les régions.
Qui a changé de métier avec le FIPU
Selon le rapport d’activité 2025, 1 022 dossiers ont été présentés aux commissions régionales et 897 financés. Les femmes représentent 65 % des bénéficiaires, les employés sont 561 sur 897, et 77 % des personnes financées ont un niveau égal ou inférieur au baccalauréat. Les 50 ans et plus pèsent 22 % : l’usure ne se limite pas aux fins de carrière, puisque les 30-39 ans (303) et les 40-49 ans (308) forment le gros des effectifs. Autre trait du public : 17 % des bénéficiaires sont reconnus travailleurs handicapés, contre 9 % pour l’ensemble des dispositifs du réseau.
Les salariés viennent d’abord du commerce (195) et de la santé (144). Ils partent surtout vers les métiers du support à l’entreprise (422 projets), comme le secrétariat, l’assistanat, la comptabilité ou le développement informatique, puis vers les services à la personne et à la collectivité (217).
Sur les premiers sortants de formation, ceux de 2024, 90 % ont obtenu leur certification et 90 % avaient réalisé leur transition six mois plus tard ; le réseau qualifie ces résultats de préliminaires. Un dossier coûte en moyenne 30 137 € (salaire, formation, frais annexes) pour 911 heures de formation et de stage, soit près de six mois d’absence du poste.
Des crédits restés inutilisés, des dossiers refusés
Le réseau a engagé 25 889 744 € en 2025, dont 589 160 € de frais de gestion, sur une dotation de 40 millions. Le rapport met l’écart sur le compte de la répartition entre associations : certaines avaient épuisé leur enveloppe dès l’été, et la moitié d’entre elles ont dû notifier des refus au dernier trimestre, soit 189 projets éligibles pour 5,15 millions d’euros. Le rapport signale un autre frein : le réseau estime à 30 % les dossiers supplémentaires qui échouent parce que l’employeur refuse de cofinancer.
Pour 2026, une délibération de France compétences du 29 janvier 2026 répartit de nouveau 40 millions d’euros, en fonction des accidents du travail et maladies professionnelles de chaque région, de sa masse salariale et de ce qu’elle a consommé l’année précédente. Ce montant est le plafond d’engagement de chaque Transitions Pro pour l’année.
| Transitions Pro | Dotation FIPU 2026 |
|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 6 613 095 € |
| Île-de-France | 6 496 074 € |
| Nouvelle-Aquitaine | 4 255 170 € |
| Hauts-de-France | 4 057 806 € |
| Pays de la Loire | 3 188 513 € |
| Bretagne | 2 558 034 € |
| Grand Est | 2 314 777 € |
| Normandie | 2 311 473 € |
| Occitanie | 2 072 115 € |
| Bourgogne-Franche-Comté | 1 787 182 € |
| Centre-Val de Loire | 1 730 271 € |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 1 727 328 € |
| La Réunion | 347 132 € |
| Corse | 172 274 € |
| Martinique | 150 108 € |
| Guadeloupe | 138 293 € |
| Guyane | 55 048 € |
| Mayotte | 25 308 € |
Les conditions d’accès
Le FIPU finance un projet de transition professionnelle aux règles particulières, prévu par l’article L. 6323-17-1 du Code du travail. Il vise les salariés exposés aux contraintes physiques marquées : manutentions manuelles de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques. S’y ajoutent les exigences suivantes :
- l’ancienneté demandée pour tout projet de transition professionnelle doit avoir été acquise dans un métier qui figure sur la cartographie des métiers et activités exposés (article D. 6323-9-2) ; l’article L. 6323-17-2 lève cette condition pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés ;
- le métier visé par la formation ne doit pas être exposé à ces facteurs ;
- l’employeur cofinance le projet, à hauteur d’au moins 5 % des coûts pédagogiques validés par la commission, selon un arrêté du 30 janvier 2024. En 2025, sa contribution s’est élevée à 440 € en moyenne.
La démarche passe d’abord par l’employeur. Dans un projet de transition professionnelle classique, son silence vaut accord au bout de trente jours ; dans le cadre du FIPU, l’autorisation d’absence doit être expresse et accompagnée de l’accord sur le cofinancement, que l’opérateur de compétences de l’entreprise peut prendre en charge. Le salarié peut préparer sa demande avec un conseiller en évolution professionnelle, puis dépose son dossier auprès de la Transitions Pro de sa région, qui vérifie l’exposition et passe le projet en commission.
Écrit par
Yasmine suit l’actualité de la reconversion professionnelle : textes d’application au Journal officiel, règles du compte personnel de formation, dispositifs et calendriers des associations Transitions Pro, publications de France compétences, de France Travail et du ministère du Travail.
Elle écrit les news du site pour qui prépare un changement de métier, en particulier depuis un métier usant : ce qui change, à partir de quand, et la démarche à faire maintenant si l’on est concerné, avec l’organisme à contacter.
Prêt à changer de métier ?
Quelques questions sur votre métier et votre projet. Si vous le souhaitez, un conseiller vous rappelle pour vous orienter vers une formation et son financement.